Bertrand Leclair

– Lisant, écrivant –

On écrit toujours avec toute la bibliothèque : c’est en lisant que viennent le désir et le goût d’écrire. La littérature tient de la contagion. D’ailleurs, lorsqu’un livre provoque le désir d’écrire chez son lecteur on peut affirmer qu’il est remarquable, quelles que soient ses faiblesses. C’est parce que la langue y est vraiment vivante qu’un texte entraîne son lecteur à se précipiter à son tour en écriture.

Les livres nous obligent, et peuvent dès lors nous fournir un élan pour passer à l’acte d’écrire. Ce peut être aussi bien s’exercer au pastiche, au remake (les musiciens parlent de «reprise», les peintres de «variation») que se livrer à l’exercice critique, tenir un journal ou un blog «en lisant, en écrivant» (pour citer le titre d’un essai de Julien Gracq paru en 1980). Lire, écrire ? « C’est le même genre de plaisir, mais avec plus d’intensité, » notait Stendhal, à Trieste, en janvier 1831.

Il ne s’agira donc pas, au cours de cet atelier bref, d’écrire «sur» mais «depuis» les œuvres. Non seulement pour en partager et en transmettre le goût, mais aussi pour les appréhender du dedans : tâcher de comprendre ce qui les anime, quels en sont les ressorts et comment les reprendre à son compte.

Avant d’écrire, je crois bien que nul n’a jamais rien à dire qui sorte de l’ordinaire à propos d’un livre ; il faut tramer du texte à son tour, s’enfoncer sous la surface du langage pour réussir à formuler les enjeux profonds d’une œuvre. Alors peuvent s’élucider l’attrait particulier que le lecteur éprouvait et les raisons intimes ou intellectuelles qui provoquent l’impulsion d’écrire : tant il est vrai qu’il s’agit aussi d’apprendre à se connaître soi-même au regard des œuvres qui nous émeuvent ou nous bouleversent.

Programme : Les séances alterneront réflexion, échanges et passages à l’acte. Lors de la première, chacun arrivera avec un texte bref de son choix (courte nouvelle, extrait ou début de roman qu’il aura communiqué au préalable à l’animateur de l’atelier) pour en faire le support d’un premier exercice. A la deuxième séance, chaque participant présentera son projet (pastiche, remake, critique…) et l’œuvre dont il émane ; seront constitués des binômes ou trinômes afin que les textes choisis aient été lus par au moins deux autres participants. La deuxième partie de la séance permettra d’ébaucher l’écriture du projet. Trois semaines plus tard, la troisième et ultime séance permettra de discuter les textes poursuivis entre temps, afin d’affiner et d’approfondir le travail de chacun.


Collaborateur régulier du Monde des livres, Bertrand Leclair est l’auteur reconnu d’une vingtaine de livres, dont L’Industrie de la consolation (Verticales, 1998) ou Malentendus (Actes Sud, 2013). Son dernier roman, Perdre la tête (Mercure de France), a bénéficié d’un très bel accueil critique, et figuré sur la liste du prix Femina 2017. Parmi ses essais, signalons Dans les rouleaux du temps (Flammarion), sorte d’autobiographie critique d’un lecteur qui lui a valu la Bourse Cioran en 2009. Également l’auteur d’une trentaine de fictions radiophoniques (pour France Culture et France Inter), il a exercé le métier de critique littéraire de 1994 à 2006 pour des supports aussi différents que les Inrockuptibles, le Nouvel Économiste ou la Quinzaine littéraire.

Il anime également l’atelier «Entrer en écriture», dont une deuxième édition est programmée à l’automne 2018.


Lisant, écrivant, par Bertrand Leclair

  • 3 séances de 3 heures chacune
  • 22 et 29 mai, 19 juin 2018
  • horaires : de 19h à 22h
  • 12 places maximum – 1 place
  • 450 €
  • Éditions Gallimard, 5, rue Gaston-Gallimard, 75007 Paris

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