Laurence Tardieu

– Les frontières de l’intime –

J’aimerais que cet atelier soit le lieu d’une écriture jubilatoire, en ce sens qu’elle emporte les participants vers des territoires que la vie leur a souvent verrouillés et ainsi les mette en mouvement. Pour ce faire, l’indispensable, me semble-t-il, est d’aider chacun à « se laisser en état d’être écrit ». Découvrir, dans un premier temps, ce qu’est l’acte d’écrire en lui-même, pour ensuite explorer, dans un deuxième temps, au travers de l’écriture, une thématique de l’intime et de la quête de soi, voilà ce que propose cet atelier.

Il s’agira donc d’abord « d’entrer en écriture », c’est-à-dire de découvrir en quoi c’est l’écriture elle-même, par son propre mouvement, qui permet l’écriture ; réfléchir au caractère essentiel du son, du rythme ; sentir en quoi la forme est aux commandes, dévoilant le sens.
Nous serons ensuite à même de comprendre en quoi l’écriture permet de franchir des frontières intérieures. Nous nous attarderons sur trois frontières : celle du temps, celle du dire/non-dire, celle de la vérité : nous réfléchirons à l’écriture comme forme de mémoire, permettant de retrouver ce qui a été enfoui ou perdu. Puis, nous tenterons de comprendre comment l’écriture permet d’explorer ce qui ne peut pas se dire, ce qui est resté innommé ou innommable. Enfin, nous nous intéresserons à la notion de vérité, nous tenterons de la définir et de réfléchir en quoi et comment l’écriture peut s’en approcher.

Afin de permettre à chaque participant de faire au plus près et au plus vrai l’expérience de l’écriture, j’apporterai et lirai à voix haute au cours de cet atelier des textes d’auteurs qui rendent compte, selon moi, de manière éclatante de cette expérience : Annie Ernaux, Charles Juliet, Hervé Guibert, Joan Didion, Georges Pérec, Franz Kafka. Ces textes, qui, je l’espère, nourriront les participants autant qu’ils m’ont nourrie, constitueront une sorte de piste d’envol pour chacun. Il s’agira ensuite d’écrire pour éprouver combien l’écriture peut emporter chacun au plus près de lui-même, et en quoi cette expérience est à la fois jubilatoire (se connaître mieux) et effrayante (où l’écriture nous emporte-t-elle, quelle part de nous dévoile-t-elle ?). L’écriture nécessitant du temps, « de l’urgence et de la patience » comme le définit si bien Jean-Philippe Toussaint, nous préfèrerons plonger longuement dans l’écriture d’un texte plutôt que multiplier différents textes brefs, tout en nous autorisant à pratiquer quelques exercices ponctuels et techniques d’écriture, qui permettront à chacun des participants de gagner en liberté.


Laurence Tardieu publie son premier livre, Comme un père (Arléa), en 2002. Elle mène en parallèle pendant quelques années écriture et théâtre puis, à partir de 2006, se voue totalement à l’écriture.
Elle publie en 2011 son sixième roman, La Confusion des peines(Stock), qui marque un tournant important dans son travail d’écrivain : pour la première fois, elle s’attelle à un matériau autobiographique. Elle n’en sortira pas indemne, mais cette rupture aura profondément fait évoluer son travail et sa réflexion littéraires. Elle publie ensuite un journal de création, L’Écriture et la vie, cheminement qui retrace sa quête pour « retrouver des mots qui ont du sens », après deux années d’aridité. Ce journal lui permettra de chasser l’effroi et de retrouver le chemin de l’écriture : Une Vie à soi(Flammarion), roman autobiographique, paraît en août 2014 ; puis À la fin le silence (Le Seuil) en août 2016.


Les frontières de l’intime, par Laurence Tardieu
  • Atelier hiver 2017 : les 25 et 26 novembre, 16 et 17 décembre 2017 de 10h à 17h
  • ou
  • Atelier printemps 2018 : 10 et 11 mars,  7 et 8 avril 2018 de 10h à 17h
  • 4 séances de 6 heures chacune
  • 12 places maximum – 4 places disponibles
  • 1 500 €
  • Éditions Gallimard, 5, rue Gaston-Gallimard, 75007 Paris

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2 commentaires Ajoutez le votre

  1. Jean-Michel D. dit :

    Laurence Tardieu est précise, concentrée, concernée et investie. Une pro et une âme. Belle qualité d’écoute et d’analyse des spécificités des écritures rencontrées, et de l’hétérogénéité du groupe.

  2. Jeanne G. dit :

    Cet atelier a été pour moi une source de travail « à la racine », fructueux et sans déperdition de temps ou d’efforts. La manière dont les travaux ont été dirigés a permis à chacun d’avancer sur ses propres pistes en bénéficiant de celles des autres.

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