Bertrand Leclair

– Rentrer en écriture –

L’incipit doit donner le «la», induire une manière propre à chaque œuvre de parvenir à l’alliance du son et du sens. C’est cette impulsion initiale qu’on traquera dans les textes de chacun : celle qui permet à l’auteur d’abord, au lecteur ensuite, de bondir et rebondir hors de l’usage commun et normatif de la langue, en usant de toutes ses ressources, y compris l’étymologie et la ponctuation.

Le commencement d’un texte est toujours une naissance ou une renaissance à l’écriture, mais on peut définir les conditions du geste de création et apprendre à reconnaître les différentes étapes du travail spécifique au commencement. C’est pourquoi on ne réduira pas ici la notion d’incipit à la seule première phrase d’un livre, mais à son premier mouvement, quelle qu’en soit la longueur, sachant que ce premier mouvement induira la forme de l’ensemble du texte.

L’atelier alternera lectures, réflexions et passages à l’acte. Les deux premières séances seront consacrées à l’analyse de quelques incipits majeurs, ouvrant sur des exercices de variations, de pastiche ou de reprise. Nourries d’exemples, les trois séances suivantes seront consacrées aux travaux personnels de chacun, simple projet ou texte en cours.


Romancier, essayiste et dramaturge, Bertrand Leclair est l’auteur d’une œuvre abondante et reconnue. Il a pu jouer aussi bien avec les codes du polar dans L’invraisemblable histoire de Georges Pessant (Flammarion) qu’avec ceux du roman biographique dans Le vertige danois de Paul Gauguin (Actes Sud), du roman familial dans Malentendus (Actes Sud) ou du roman érotique dans L’amant Liesse (Champ Vallon et J’ai Lu). Parmi ses essais, signalons Théorie de la déroute (Verticales) et Dans les rouleaux du temps (Flammarion), pour lequel il a obtenu la Bourse Cioran. Il a publié en 2016 un récit bref et noir au Mercure de France Par la ville, hostile et Perdre la tête chez le même éditeur en septembre 2017. Il est également l’auteur d’une trentaine de fictions radiophoniques (France Culture, France Inter) et de la pièce de théâtre Héritages, créée dans une mise en scène d’Emmanuelle Laborit à Paris en 2011. Critique littéraire, il collabore régulièrement au Monde des livres.


L’art de l’incipit, rentrer en écriture, par Betrand Leclair

  • 6 séances de 3 heures chacune
  • mardis 2, 9, 16 octobre, 6 et 13 novembre 2018 et  le mardi 22 janvier 2019
  • horaires de 19h à 22h
  • 12 places maximum – atelier complet
  • 1125 €
  • Éditions Gallimard, 5, rue Gaston-Gallimard, 75007 Paris

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4 commentaires Ajoutez le votre

  1. Marie-Christine D. dit :

    Atelier excellent et convivial. Très grande écoute de Bertrand Leclair qui a su gérer un groupe extrêmement disparate et permettre à chacun de s’exprimer à sa façon, sans être directif. Chaque séance était préparée attentivement, enrichie par son expérience et ses lectures qu’il a largement partagées. Il était très disponible et entre les séances répondait attentivement aux mails de chacun, lisait les écrits faisait des commentaires attentifs et constructifs et n’était pas avare d’encouragements. La plupart des personnes présentes étaient bloquées dans l’écriture et toutes ont terminé l’atelier avec des productions incroyables, comparées à ce que le début de l’atelier laissait augurer.

  2. Colette B. dit :

    Par la voix de Bertrand Leclair, la rencontre avec du déjà écrit (Aragon / Cixous / Kafka / Proust / Céline …) permet à chaque participant de découvrir la singularité de l’incipit proposé, sa beauté, et l’accroche pour poursuivre.
    Ecriture collective et lecture à voix-haute : au fil des ateliers naît la possibilité de mûrir et de solidifier une réflexion qui était d’abord (en nous) artistique.
    L’atelier de Bertrand Leclair n’est pas une suite d’exercices techniques ou de recettes, ou une simple pratique de transmission. Il ouvre des territoires. Il ouvre une façon de se positionner soi-même quant à ce que l’on cherche, et comment on l’expose.
    L’atelier de Bertrand Leclair nourrit ce point fragile d’échange entre soi et le groupe, entre soi et le monde, l’appropriation de la littérature, la prise de risque (se laisser tomber et s’ouvrir à la chance du texte) et la gestation, peu à peu, d’un projet personnel.

    « Ils sont peu ceux qui nous éclairent ! »
    Affaire de circonstances et maintenant d’amitié, sous la lumière de Bertrand Leclair l’évidence de chacun s’exprime, sans avoir à se justifier.

  3. Cécile G. dit :

    J’ai trouvé cette transmission et l’accueil que Bertrand fit à nos problématiques respectives absolument formidables, d’une grande fluidité dans la recherche d’équilibre entre un apport riche et l’ouverture d’une latitude d’expression en écho.
    Pour ma part j’aspirais à rencontrer une pensée, que je savais incarnée par cet auteur que j’aime beaucoup. Je n’y cherchais rien de technique, mais savais que je serais stimulée par la reconnaissance d’une même « fréquence », les textes de Bertrand ayant toujours eu pour effet chez moi de déclencher l’écriture. C’est un auteur qui possède et offre généreusement en partage une vision de l’art de la littérature qui devrait à mon sens précéder toute entrée en littérature, et l’accompagner. Cette vision, exigeante, nuancée, inclusive, informée m’est une source d’inspiration précieuse et c’est la singularité de son expression lors de l’atelier que je distinguerais comme particulièrement aidante, nourricière.
    Au fil des séances et entre elles Bertrand a par ailleurs démontré de grandes qualités d’accompagnement, au service de l’expression de chacun, échappant à l’écueil des « trucs » et accouchant nos textes dans le respect de leur essence, assumant parfois des commentaires engagés sans jamais dénoncer l’élan, chaque critique étant comme une manière de pister non pas ce que lui aurait jugé inintéressant ou impropre, mais là où le texte se trahissait lui même, dans un grand respect du principe qui animait nos tâtonnements.

  4. Shani D. dit :

    L’enseignement de Bertrand Leclerc a non seulement été décisif mais d’une grande inspiration dans ma vie d’artiste, mais aussi dans l’épanouissement d’une écriture qui m’est propre. En effet, par sa grande érudition, son humilité et son écoute, il est arrivé à libérer en chacun d’entre nous le meilleur mais aussi diffuser une bienveillance contagieuse entre nous tous.
    Trouver son âme profonde et créatrice:Voilà tout simplement le prolongement d’une quête essentielle; ces ateliers m’ont ainsi permise ce cheminement.

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