Camille Laurens

–  Le roman de soi  –

La préposition de est essentielle : écrire de soi, écrire depuis soi, exprimer les sensations, les émotions, les souvenirs qui se sont imprimés en soi – visages ou paysages, détails infimes ou intimes blessures – mais aussi les pensées, les commentaires qu’ils suscitent lorsque nous les ressaisissons à travers les mots.

Le roman de soi. Si, comme le rappelle Jean-René Huguenin, « la vie est le seul roman qui dise tout », l’enjeu s’inverse dès lors que nous voulons l’écrire : il nous faut choisir, au contraire, ce que nous allons dire ou taire, condenser ou développer, voiler ou exposer, et sous quelle forme. Passer de l’impression à l’expression, traduire en mots le ténu, le confus, le vague ou le fugace. Quoi, comment ? Ces deux questions seront au centre de nos interrogations. Car la matière autobiographique doit trouver sa manière fictive. Nous la distinguerons ainsi du témoignage, du journal intime, des confessions ou des mémoires. Les problèmes techniques et stylistiques (focales, temporalité, rythme, types de discours, etc.) qui se posent à tout romancier seront donc approfondis à travers lectures et exercices.

Le roman de soi. N’oublions pas ce dernier mot. Le roman de soi n’est pas le roman du moi, il n’est pas replié sur l’intime ni mû par le ressentiment. Comment éviter les pièges du roman personnel, trouver la bonne distance, comment faire en sorte qu’une vision singulière touche autrui et qu’un regard, une voix offrent une meilleure connaissance de soi et du monde, de soi dans le monde et du monde en soi ?


Agrégée de Lettres modernes, Camille Laurens a enseigné en France puis au Maroc où elle a passé douze ans. Elle vit maintenant à Paris. Elle est l’auteur d’un récit autobiographique, Philippe (1995), et de neuf romans, parmi lesquels Dans ces bras-là (Prix Femina 2000), L’Amour, roman (2003), Ni toi ni moi (2006), tous publiés en Folio et traduits dans de nombreuses langues. Le plus récent, Celle que vous croyez, a paru en janvier 2016 aux Éditions Gallimard.

Parallèlement, elle poursuit un travail d’exploration ludique du lexique français à travers trois recueils : Quelques-uns (1999), Le Grain des mots (2003), Tissé par mille (2007). Elle a aussi consacré un essai, Encore et jamais. Variations, à la figure de la répétition dans nos vies et dans les arts.


Le roman de soi, par Camille Laurens

    • 4 séances de 6 heures chacune
    • Session automne 2019 : 21 et 22 septembre et les 12 et 13 octobre de 10h00 à 17h00 – atelier complet
    • Session 1er semestre 2020 : 18 et 19 janvier et 7 et 8 mars 2020 de 10h à 17h – atelier complet
    • 12 places maximum
    • 1 500 €
  • Éditions Gallimard, 5, rue Gaston-Gallimard, 75007 Paris

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3 commentaires Ajoutez le votre

  1. Aurélie F. dit :

    J’ai apprécié la structuration de l’atelier non seulement autour du texte mais également par rapport au métier d’écrivain.
    En effet, le travail sur le choix du narrateur, son positionnement, la lecture de textes afin d’apporter de la matière à notre propre réflexion, ainsi que les exercices, ont été profitables.

  2. Samuel A. dit :

    Ces quatre jours ont été très stimulants et enrichissants. Ils m’ont permis de prendre du recul sur ma pratique d’écriture, d’avoir des retours sur mon travail en cours, de préciser davantage comment j’allais construire mon roman.
    Les exercices d’écriture m’ont obligé à me concentrer dans des conditions inhabituelles pour moi, le groupe, et à confronter mon travail à celui des autres.
    Le fait de ne pas être seul avec mon projet de roman, de pouvoir exposer ses grandes lignes à un groupe et à une écrivaine de talent a été très stimulant sur le moment mais aussi dans la poursuite de l’écriture.

  3. Evelyne L. dit :

    Nous avons abordé un travail en direct avec ce qu’est la construction d’un ouvrage littéraire : L’incipit, la quatrième de couverture, le point de vue du narrateur, la compréhension pour le lecteur, le vocabulaire etc…. Que voulons-nous montrer ou démontrer au lecteur. Pouvons-nous tenir notre propos pendant un certain nombre de pages.
    Nous avons eu des propositions concrètes d’écriture en lien avec ces différents composants d’un ouvrage.
    J’ai apprécié que Camille Laurens sollicite les participants pour apporter leur point de vue de lecteur face aux productions de chacun. En particulier le travail en trinôme. Nous avons aussi approché les contraintes liées à la publication.

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